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Titre : Séduction en Snape Majeur
Auteur : [livejournal.com profile] shono_hime
Fandom : Harry Potter
Pairing : Severus Snape / Charlie Weasley
Rating : PG-13
Disclaimer : A qui qui sont ? A Rowling !!
Note : Ecrit pour [livejournal.com profile] l_booz sur [livejournal.com profile] banquet_final ! Ca m'a permis de réaliser un vieux défi personnel, autrement dit écrire sur Snape ♥
Et merci à [livejournal.com profile] taraxacumoff pour la beta aussi rapide qu’efficace !


Les Weasley.
Des plaies, tous autant qu'ils étaient. Surtout la baguette au poing et avec des créatures hautement dangereuses dans les parages.

De là où il était, Severus apercevait distinctement l'équipe menée par Charles Weasley, en train d'installer les sorts qui leur permettraient de garder les Dragons à leur place jusqu'à la fin de la première Tâche.

Des Dragons.
À Poudlard.
Albus perdait complètement la tête ! Surtout avec pour responsable de cette affaire un Weasley dont le seul talent à Poudlard était le Quidditch et quelques vagues compétences en Soins aux Créatures Magiques. Ce n'était vraiment pas encourageant.

Il les regarda s'activer pendant quelques minutes, puis il tourna les talons quand ils semblèrent avoir fini et se mirent à discuter dans un mélange incompréhensible de roumain et d'anglais. Il fallait qu'il parle à Albus. Il y avait trop de monde sur le site, et il était impossible de surveiller tout le monde. Potter ayant prouvé qu'il était toujours un aimant à ennuis, il allait forcément se passer quelque chose, Maugrey ou pas Maugrey.

En arrivant devant les statues qui gardaient l'entrée du bureau du Directeur, il jeta un dernier regard derrière lui. Une silhouette solitaire semblait le regarder de loin.

-------

Trois jours plus tard, son humeur avait empiré. Albus avait apparemment toute confiance en son vieil ami l'Auror paranoïaque et Potter semblait se moquer complètement du danger. Une fois de plus.
Les élèves bourdonnaient perpétuellement d'excitation, la faute à ce fichu Tournoi. Et surtout, Charlie Weasley s'était apparemment donné pour mission de le persécuter : il l'avait à plusieurs reprises alpagué dans les couloirs, avec son sourire de Weasley, ses taches de rousseurs de Weasley, ses... attitudes de Weasley. La première fois, Severus n'avait dû son salut qu'au passage tonitruant d'Hagrid dans le coin, qui avait détourné l'attention du roux. Les fois suivantes, il avait réussi à l'éviter. De justesse.

Il n'avait pas laissé à Weasley le temps d'expliquer ce qu'il lui voulait, mais ça n'avait pas d'importance. Vu ses états de service, Severus n'était pas sûr d'avoir envie de savoir. Sa réputation de fauteur de trouble valait au moins celle des jumeaux Weasley, à la différence qu'il ne pouvait plus lui enlever de points pour impertinence. La violence n'était pas non plus permise, malheureusement. Albus le lui rappelait au moins une fois par an, en début d'année scolaire.

Au fond de lui, il devait bien admettre une infime bribe de curiosité, quelque part, bien cachée sous les tonnes de ressentiment qu'il nourrissait depuis des années sur cette tripotée de Weasleys qui lui gâchaient joyeusement l'existence année après année, souvent sans le moindre répit. Charlie Weasley avait pour lui de ne jamais avoir particulièrement cherché à l'irriter : il avait juste été insupportable avec tous les enseignants. Et si le Professeur McGonagall était d'une gentillesse coupable avec lui, c'était uniquement parce qu'il avait fait gagner la coupe de Quidditch à Gryffondor, plusieurs années de suite. Et après, on osait lui reprocher sa partialité.

Tout le monde avait toujours vu Weasley faire carrière dans le sport. C'était la voie qu'il s'était tracé tout seul, à grands renforts de victoires et de stratégies gagnantes en tant que capitaine. Même Severus devait au moins lui reconnaître ça. La surprise avait été générale quand il avait annoncé, la coupe dans les mains, qu'il ne poursuivrait pas dans cette voie après ses études. Il avait fallu deux batteurs costauds pour calmer Dubois. Severus était persuadé qu'il en avait gardé des séquelles mentales.

C'était bien cela qui rendait Severus curieux : Charlie Weasley était imprévisible. Bien évidemment, aucun des Weasleys n'était vraiment prévisible. Ils agissaient tous en dépit du bon sens, mais lui... C'était différent. Il n'y avait aucune raison valable pour qu'il refuse une carrière qui s'annonçait prometteuse pour aller s'enfermer dans une réserve au fin fond de la Roumanie. Cela cachait forcément quelque chose. Une seconde, il envisagea de demander à Albus quelque chose à faire. N'importe quoi. Il avait visiblement beaucoup de temps libre pour se poser ce genre de questions sottes.

Il sentit sur lui le poids d'une vingtaine de regards suppliants. Sortant de ses pensées, il consulta l'horloge. La classe était terminée.

Il congédia les élèves avec une indifférence dédaigneuse qui cachait bien son empressement. Cet empoté de Longdubat avait une fois de plus mis le feu à son chaudron et la fumée lui avait donné mal à la tête. Sa seule consolation avait été le teint verdâtre de Granger pendant la dernière partie de la leçon.
Il congédia le maladroit d'un simple regard perçant. Il n'avait pas la patience de le regarder nettoyer ses bêtises. La porte claqua derrière lui et Severus se permit un soupir. Il aéra tant bien que mal la pièce avant de regarder méchamment les restes informes de la dernière tentative de son échec personnel.

Il venait de terminer de remettre la table en état quand un coup à la porte le fit froncer les sourcils. Sans attendre de réponse, l'intrus entra.

« Weasley, siffla-t-il avec une grimace automatique. Vous n'avez rien à faire ici.
— En fait... si. Je cherche de la poudre de Chrysocolle et quelque chose me dit que vous devez en avoir dans vos réserves. »

L'impertinence des Weasley semblait attendre des sommets, chez ce spécimen. Severus regarda le roux avec tout le dédain dont il était capable. Avec son jean maculé de boue et de suie et un t-shirt négligé et un poil trop petit (avait-on idée d'avoir des biceps pareils ?), il n'avait pas fière allure.

La seule réaction que déclencha son mépris fut un sourire effronté. Il avança, ses bottes de cuir frappant doucement le sol de pierre, et il vint se hisser sur un bureau au premier rang, ses jambes balançant nonchalamment dans le vide. Puis il se mit à le regarder. Severus décida de combattre le mal par l'indifférence. Il retourna terminer de ranger, ses mouvements raides et saccadés d'être observé à ce point.

« Vous m'évitez, fit remarquer Weasley sur le ton de la conversation.
— Aurais-je une raison valable de rechercher votre présence ?
— Non. Mais la politesse voudrait que vous ne la fuyiez pas non plus. »

Severus se tourna vers lui, sincèrement sidéré.

« Vous avez passé sept ans à suivre mes cours, Weasley. M'avez-vous déjà vu poli ? »

Weasley eut un petit rire qui sonnait comme indulgent. Severus grinça des dents.

« De l'eau a coulé sous les ponts, depuis. J'espérais que vous auriez dépassé le stade du grognement primaire. »

Il fallut un effort surhumain à Severus pour ne pas lui répondre par un grognement. En échange, il leva un sourcil hautain en se dirigeant vers la réserve.

« Moi qui pensais, susurra-t-il d'un ton dégoulinant d'ironie, qu'il était de bon ton d'essayer de communiquer avec mes élèves par leur propre langage ! Si j'avais su, je serais revenu à un niveau humain bien avant. »

Il l'entendit ricaner, et ignora royalement ce qui ressemblait à une vague lueur de satisfaction. Le temps où il recherchait l'approbation de ses pairs était bien loin derrière lui. Et puis Weasley n'était pas son égal. Ils étaient séparés par au moins trois stades sur l'échelle de l'évolution.

« Je vous promets de louer vos talents en communication si ça peut vous faire plaisir. Maintenant, cette poudre de Chrysocolle ? On ne dirait pas comme ça, mais c'est important.
— Un blessé ? » demanda Severus.

Il sortit la tête de sa réserve. Il y avait des limites à sa mauvaise humeur : l'image de l'école souffrirait s'il laissait quelqu'un mourir d'une brûlure de Dragon. Surtout s'il s'agissait de Potter, malheureusement.
Weasley hocha la tête.

« Les dragons supportent mal les voyages. Enfin, surtout quand on ne les laisse pas aller où ils veulent, expliqua-t-il avec un sourire tendre qui fit se dresser fièrement le sourcil gauche de Severus. Bref, j'en ai besoin pour une pommade anti-brûlure. Pompom n'en a plus et elle m'a dit de m'adresser à vous. Je lui ai dit de se refaire des stocks, mais en attendant... s'il vous plaît ? »

Il le détailla de la tête aux pieds. Il était toujours assis sur le bureau et rien que cela, pour qui l'avait connu un minimum, comme Severus en avait eu le malheur, c'était une chose étrange. Les Weasleys, tous autant qu'ils étaient, n'arrêtaient jamais de bouger. Même Percival, pourtant le moins atteint, d'une certaine façon, avait ces petits mouvements saccadés qui donnaient à Severus envie de lui coller un coup de Chaudrons et Potions - Édition Complète sur la tête. Plusieurs fois.
Il y avait aussi la façon dont il se tenait un peu voûté. Charlie Weasley n'était pas très grand, moins que ses escogriffes de frères, en tout cas, et il ne fallait pas être un génie en comportement humain pour réaliser qu'il en tirait une pointe d'insécurité. Suffisamment pour se tenir remarquablement droit en tout cas. Ça le faisait même ressembler à un jeune coq, à l'époque où il était élève. Difficile de l'oublier.

« Laissez-moi deviner, railla-t-il d'une voix traînante. C'est pour vous, la pommade ?
— On ne peut rien vous cacher, sourit Weasley, avec le bon goût d'avoir l'air penaud. Comment vous avez deviné ?
— Il suffit de savoir se servir de sa tête. Montrez-moi. »

Quand il parlerait à Albus de sa bonne volonté évidente, peut-être que le Directeur serait plus indulgent et le laisserait se terrer dans son donjon au lieu de prendre le thé avec lui et Madame Maxime. Ou peut-être que Potter se mettrait soudain à démontrer de l'intelligence et du self-control. On pouvait toujours rêver.

Weasley se laissa glisser du bureau, lui fit un grand sourire et enleva tranquillement son t-shirt. Severus resta complètement immobile, indifférent. Sa mâchoire contractée n'avait rien à voir avec l'état de semi-nudité de son ancien élève. Les Gryffondors n'avaient-ils donc aucune notion de la pudeur ? Il soupira.

« N'avez-vous donc aucun concept de la pudeur ?
— Je savais que vous alliez dire ça, s'exclama le roux en souriant, avant de pivoter sur ses talons pour lui présenter son dos.
— Je vais faire semblant de n'avoir rien entendu, siffla Severus après avoir jeté un coup d'œil à la brûlure, qui lui couvrait l'épaule et une partie du dos.
— C'est moche à ce point là ? Je n'arrive pas bien à voir. Un collège a dit qu'elle ressemblait aux armoiries de Poudlard. C'est vrai ? demanda-t-il en gigotant et en se tortillant pour essayer très inutilement de se regarder le dos.
— Cessez de bouger. Vous n'êtes pas une chouette, par Merlin !
— Désolé. J'ai mis mon reste de pommade et puis je suis allé en quémander à Pompom. Ça ne fait pas mal.
— Ca va venir, Weasley. Maintenant tenez-vous tranquille. Il doit me rester de la pommade dans la réserve.
— Qu'est-ce que vous fabriquez avec ça dans vos affaires ? »

Severus leva les yeux au ciel même si l'autre homme ne pouvait pas le voir. Il ne prit même pas la peine de répondre et au bout de quelques secondes de silence, il l'entendit rire. Il ouvrit un tiroir.

« D'accord, question stupide, désolé.
— Vous comprenez pourquoi elle est stupide, ou vous vous excusez juste bêtement ? » persifla Severus en revenant dans la salle avec un pot de pommade et quelques bandages à la main.

Weasley lui jeta un coup d'œil amusé par dessus son épaule brûlée.

« Vous parlez comme un prof.
— J'ai une grande nouvelle pour vous, Weasley... commença gravement Severus en se retenant de lui jeter la pommade à la figure.
— Je sais, je sais, je voulais dire... C'était presque pédagogique, expliqua-t-il maladroitement.
— Même moi, j'ai mes moments. Tragique, je sais. »

Il regarda le roux se gratter la tête d'un air gêné et décida charitablement de ne pas insister. C'était comme essayer de raisonner avec Hagrid. Il dévissa le couvercle de la pommade et s'approcha.

« Ne bougez pas. »

Weasley resta incroyablement silencieux tandis qu'il étalait la pommade malodorante sur la chair brûlée, en retenant une grimace presque compatissante.

« Vous tournez souvent le dos à un Dragon ? demanda-t-il doucement.
— Uniquement quand un ami est déjà au sol.
— Gryffondor stupide.
— J'ai du mal à voir ce qu'il y a de stupide à protéger un ami. À moins qu'il ne s'agisse d'une philosophie secrète de Serpentard ?
— Ne persiflez pas, Weasley. Vous êtes loin d'en maîtriser la technique.
— Je ne regrette pas, s'obstina le roux.
— C'est tout à votre honneur. Je suis certain que votre tribu en sera enchantée le jour où on leur ramènera une boite contenant vos cendres. À moins que vous n'ayez encore la bêtise de vous croire immortel ?
— Personne n'est immortel, souffla-t-il avec quelque chose de mélancolique dans la voix.
— On fera peut-être quelque chose de vous, Weasley. »

Les mots de Severus avaient perdu de leur mordant et il termina d'étaler la pommade en silence. Une fois qu'il eût terminé, il se lava soigneusement les mains puis s'empara des bandages et entreprit de couvrir la brûlure. Cette entreprise n'avait à priori rien de bien difficile, Weasley n'étant pas bien grand, mais sa carrure était telle que ça n'avait rien de pratique. Il soupira et tira un tabouret.

« Assis.
— Ouaf ! »

S'il ne s'était pas assis, Severus l'aurait certainement assommé avec le tabouret. Il serra soigneusement les dents quelques secondes, puis, pour éviter que cet idiot ne trouve un nouveau sujet de conversation idiot, il décida d'essayer de satisfaire sa curiosité.

« Puisque vous avez l'air si obéissant, vous allez peut-être me dire ce que vous me voulez, depuis trois jours.
— Ah, vous avez remarqué ? Je me suis demandé une seconde si vous n'évitiez pas juste pas indistinctement tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un Weasley. »

Comment est-ce qu'il pouvait dire cela avec un sourire dans la voix, Severus n'en avait aucune idée. Il secoua la tête et contourna le tabouret pour venir ajuster les bandages sur le torse du roux avant de les nouer.

« C'est une chose que mes élèves ont du mal à saisir généralement, mais c'était une question qui attend une réponse, Weasley. »

Il le vit rouler des yeux mi-irrités mi-amusés sans même se cacher.

« Je voulais voir si vous étiez aussi terrible que ce que raconte Ron, voilà tout. »

C'était un beau mensonge, lancé avec aplomb, mais un mensonge quand même. Il fallait qu'il apprenne à regarder les gens dans les yeux s'il espérait être crédible.

« Oh, vraiment ? demanda-t-il, dégoulinant d'ironie. Vous espériez me croiser en train de manger tranquillement un élève ?
— Non, ricana le roux, bon public. Mais Ron et Ginny parlent de vous comme du diable incarné. Alors j'étais curieux. Je n'avais pas le souvenir de vous comme d'un type si affreux.
— Vous m'insultez, Weasley. »

Il termina d'ajuster les bandages et fit un pas en arrière, les bras croisés sur le torse. Il ne lui vint cependant pas à l'idée de mettre l'autre homme dehors avant d'avoir fini leur conversation.

« Vous pouvez jouer au Grand Méchant Maître des Potions tout ce que vous voulez. Mais de mon temps, vous n'étiez pas tant méchant que...
— Que quoi ? insista-t-il avec un masochisme palpable au bout de quelques secondes.
— Triste, je suppose. »

Le roux haussa doucement les épaules et grimaça légèrement. Sa main frémit, comme s'il voulait la porter à son épaule, mais il se contint et leva simplement les yeux vers Severus. Ce dernier n'avait pas bronché. En lui grondait un mélange écœurant de rage et de douleur. Il ne savait pas s'il était furieux que quelqu'un comme Charlie Weasley le lise aussi facilement ou qu'il le ramène à des souvenirs aussi douloureux que la mort de Lily, mais il n'avait pas envie de le savoir. Seul comptait ce douloureux rappel à ces années passées et la mise en évidence cuisante des échecs de sa vie.

« Quoi, vous n'allez pas me faire croire que je vous ai fait perdre vos mots ?
— Sortez.
— Pardon ?
— Dehors. Maintenant.
— Mais... »

On aurait dit un enfant à qui on aurait enlevé sa sucette. Il clignait des yeux, un peu bêtement, mais se releva avec des mouvements lents, visiblement guidés par l'instinct. Toujours appuyé contre son bureau, Severus ne bougea pas. Le passage presque brutal d'une irritation très familière à une colère beaucoup plus violente lui faisait presque tourner la tête. Il n'attendait qu'une chose : que Weasley disparaisse. Si possible pour toujours, mais il se contenterait de le voir quitter la pièce pour le moment.

Malheureusement, le roux, une fois debout, resta planté devant lui, sans aucune intention apparente de débarrasser le plancher. Severus serra les dents.

« Weasley, j'ai dit dehors.
— Vous n'en avez pas marre ? Être hargneux vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ça doit être épuisant, non ? Pourquoi vous ne vous laissez pas un peu aller ? »

Les mots auraient pu être moqueurs ou mesquins. Mais dans la bouche de cet obstiné, ils étaient juste blessants d'une curiosité qui n'avait pas pour but de l'être. Severus avait en face de lui un Weasley qui essayait de le comprendre. L'apocalypse ne devait plus être très loin.

Face à son silence, le roux soupira et fit un pas en arrière, vers la porte. Il avait aux lèvres un sourire un peu triste, même si ce n'était pas le terme le plus correct, car un vague lueur d'amusement colorait son regard de cette façon qui lui correspondait tant.

« Je ne suis pas un gamin qui se laisse avoir par les apparences. Vous pouvez me penser complètement idiot si ça vous fait vous sentir mieux, mais je ne suis pas aveugle, vous savez. Je ne demande pas la lune non plus, mais si un jour vous en avez marre d'être seul... J'habite en Roumanie. À qui voudriez-vous que je raconte que vous êtes humain, sous la couche de cynisme ? »

Severus leva un sourcil si haut qu'il vit distinctement Weasley loucher pour essayer de le suivre.

« Seriez-vous en train de me proposer une... amitié, Weasley ? railla-t-il avec un air douloureux à la seule mention de ce mot.
— Pourquoi pas ? admit l'autre homme. À dire vrai, en arrivant, j'avais pour objectif de tenter d'obtenir plus qu'une simple amitié, même juste pour un soir, mais je peux revoir mes ambitions pour y inclure quelque chose de durable sans aucun problème. »

Severus manqua de s'étrangler. Par Salazar, mais il ne doutait de rien, celui-là, avec son air innocent. En lui se mélangeaient un amusement très mal venu, une indignation dans laquelle il comptait bien se draper et une pointe de curiosité qu'il refusait même de prendre en compte.

« Est-ce que vous avez bu ? » lâcha-t-il, à court de réplique plus percutante, à sa grande honte.

Weasley éclata de rire et secoua la tête.

« Jamais quand j'ai une brûlure de dragon de la taille de l'Australie sur l'épaule. Le feu magique réagit mal avec l'alcool. C'est plutôt moche. »

Evidemment, il fallait qu'il explique cela sur le ton de la conversation, comme s'il ne venait pas de sous-entendre souhaiter avoir une relation sexuelle avec lui !

« Vous n'êtes ni de mon âge ni encore moins à mon goût, Weasley, réussit-il enfin à articuler. Vous avez peut-être réussi à charmer toutes vos groupies du temps où vous jouiez au Quidditch, mais je ne suis pas une midinette impressionnable.
— Sérieusement, c'est le seul argument que vous pouvez trouver ? Je suis majeur et je ne suis plus votre élève. Et puis, ne mentez pas... Je me souviens de la façon dont vous regardiez Bill, autrefois. »

Weasley releva le menton et Severus se fit violence pour ne pas détourner les yeux.
Bill Weasley, ses longs cheveux roux, son visage fin, son esprit aiguisé... À l'époque, un peu après la mort de Lily, il s'était raccroché à ce qui lui rappelait de près ou de loin celle qu'il avait perdue. Cela incluait, à sa grande honte, un adolescent. Peut-être même que le fait qu'il eût s'agit d'un garçon, et non pas d'une adolescente quelconque avait-il eu son importance. Il avait sans doute eu moins l'impression de trahir Lily en désirant un garçon. Au moins une trahison dont il ne se sentait pas trop coupable...
Mais il n'avait jamais rien eu plus que des regards et personne n'avait jamais rien soupçonné de cette attirance un peu trouble. Comment Charlie Weasley avait-il pu s'apercevoir de quoi que ce soit ?

« Bill attirait tous les regards, à l'époque. Et moi, je savais regarder, voilà tout, expliqua-t-il en réponse à la question non formulée, haussant vaguement une épaule. Vous n'êtes pas trop le genre de Bill, mais vous êtes le mien, et si c'est un roux que vous voulez...
— Vous êtes répugnant. »

Le roux sourit et avança lentement vers lui, un sourire que Severus ne lui avait jamais vu aux lèvres. La timidité n'était pas un terme qu'il associait à ce Weasley là.

« Pourquoi ? Parce que je sais ce que je veux et ce que vous voulez ?
— Je ne vous veux pas !
— Vous vouliez Bill, à l'époque. Je reconnais que je suis moins... raffiné et intelligent que lui, admit-il avec une grimace amusée. Mais vous ne perdriez pas au change, vous savez... »

À l'écouter, Severus ne s'était même pas rendu compte qu'il était arrivé tout près de lui. Il était toujours torse nu, ou presque si on ignorait les bandages, et en tendant les bras, il le coinça contre le bureau. Severus glissa sa main vers sa poche pour y chercher sa baguette.

« Vous n'aurez pas besoin de ça. Je ne vous veux pas de mal. Je veux juste voir une autre expression sur votre visage que cette rage contenue que vous balancez à la figure du monde.
— Vous devriez revoir vos priorités de vie, Weasley, lâcha Severus à voix basse, mais ses mots manquaient de mordant.
— Je sais. Vous aussi. »

Severus renifla, guère amusé, autant par l'impertinence de l'autre homme que par sa présence beaucoup trop proche.

« Maintenant que nous avons admis que vous étiez pétri d'illusions, pourriez-vous reculer, Weasley, s'il vous plaît ? Certains d'entre nous ont besoin d'oxygène pour respirer, autre que celui qui vous remplit la boîte crânienne.
— Politesse et sarcasme dans la même phrase. Seriez-vous troublé... Professeur ? » susurra le roux.

Ce dernier accueillit le geste irrité avec bonne humeur et recula d'un pas. Severus respira beaucoup mieux d'un seul coup. Il tira d'un geste sec sur sa robe.

« Troublé par votre insistance des plus malvenues... Monsieur Weasley. Quelqu'un d'un peu plus gracieux se serait déjà retiré.
— Je crois qu'on s'est depuis longtemps mis d'accord sur le fait que je n'étais pas "gracieux". Vous pourriez aussi me jeter dehors. »

Etait-ce de la bonté d'âme qui le poussa à remettre son t-shirt ? Severus ne put le déterminer, trop occupé à piétiner mentalement l'onde de déception qui venait de le traverser.

« Je pourrais, en effet, admit-il, presque à contrecœur. Disons que j'effectue actuellement une expérience ?
— Sur quoi ? Le degré de masochisme des Weasley ?
— J'ai depuis longtemps renoncé à quantifier l'infini. Non, j'essaie plutôt de déterminer à quel point vous avez changé.
— C'est plutôt moi qui devrais mesurer votre degré de masochisme, dans ce cas... »

Et Weasley se para d'un haussement de sourcil parfaitement réalisé. Il y avait donc bien une chose qu'il avait retenue de ses années de cours passés à bailler aux corneilles. Pour un peu, Severus en aurait cru aux miracles.

« Dès que j'en ai eu l'âge, j'ai trouvé ça sexy, lança le roux, avant de clarifier, face à la mine perplexe de son ancien professeur : votre haussement de sourcils. Ça m'a demandé des années d'entraînement, mais je pense que je suis à peu près au point, maintenant. Vous me donneriez combien ?
— Un E, pour l'effort. »

Ignorant royalement la petite danse du triomphe exécutée par le roux, Severus récupéra la boîte d'onguent contre les brûlures et la lui tendit une fois qu'il eût terminé ses singeries.

« Maintenant dehors, Weasley. Vous avez suffisamment abusé de ma patience. »

Comme s'il n'était pas dupe (et depuis quand les Weasley faisaient-ils preuve de sens de l'observation, au juste ?), le roux accepta la pommade avec un grand sourire amical, sans pour autant faire mine de sortir. Au contraire, il amorça un nouveau mouvement en avant. Severus fronça les sourcils en guise de menace.

« Vous risquez votre vie.
— Pas plus qu'il y a cinq minutes. »

Et sans lui laisser le temps de répondre ou de réagir, ou en tout cas, ce serait là la version à laquelle Severus se tiendrait, Charlie Weasley l'embrassa. Une main un peu calleuse effleura sa joue en même temps que des lèvres se pressaient contre les siennes, trop sèches, d'un seul coup. Il ferma les yeux, instinctivement, comme un adolescent surpris, avant de se reprendre. Il posa une main sur la nuque du roux, pour le repousser bien sûr. Mais avant qu'il n'ait trouvé la force de ne pas répondre au baiser, ce dernier s'acheva sur un léger coup de langue bien trop agréable.

« Juste un petit quelque chose pour faire de jolis rêves, cette nuit, souffla le roux contre ses lèvres avec un sourire.
— Pour vous ou pour moi ? »

Ce ne fut que lorsque la porte se referma doucement que Severus réalisa que Weasley avait répondu.

« Les deux. »

Ces fichus Gryffondors et leur manie de chercher tout prix à avoir le dernier mot.
Charlie Weasley ne perdait rien pour attendre ! Après tout, le pot de pommade était presque vide...

FIN.
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